Il est reproché aux étudiants de refuser toute réforme (encore une interprétation incorrecte) mais personne ne songe à réformer sa vision de l'université. Il ne s'agit pas de vouloir, comme le suggère Sarkozy, remplir la France des "meilleures universités du monde" avec "les plus beaux campus" (sans aucun doute, le financement de ces nobles projets se fera à l'aide de somptueux billets tombés du ciel). Il s'agit de la rendre plus crédible aux yeux des étudiants et des entreprises. L'heure n'est plus à la énième écoute de vieux vinyles, ni aux ricanements de fervents défenseurs des grandes écoles, ni à l'amère présentation de budgets de facs américaines, ni à la joute verbale si appréciée. Plus que l'université, c'est le dicours sur cette-dernière qui n'évolue pas.
vendredi 30 novembre 2007
Le disours sur la fac: toute une rhétorique
Il est reproché aux étudiants de refuser toute réforme (encore une interprétation incorrecte) mais personne ne songe à réformer sa vision de l'université. Il ne s'agit pas de vouloir, comme le suggère Sarkozy, remplir la France des "meilleures universités du monde" avec "les plus beaux campus" (sans aucun doute, le financement de ces nobles projets se fera à l'aide de somptueux billets tombés du ciel). Il s'agit de la rendre plus crédible aux yeux des étudiants et des entreprises. L'heure n'est plus à la énième écoute de vieux vinyles, ni aux ricanements de fervents défenseurs des grandes écoles, ni à l'amère présentation de budgets de facs américaines, ni à la joute verbale si appréciée. Plus que l'université, c'est le dicours sur cette-dernière qui n'évolue pas.
dimanche 18 novembre 2007
Grèves: le grand melting pot
Source: AFP
samedi 10 novembre 2007
La loi LRU fait débat
Pourquoi certains étudiants semblent-ils si récalcitrants à la loi LRU? Beaucoup craignent un creusement des inégalités (de moyens et de prestige) entre les universités. Beaucoup redoutent en même temps une "intrusion" abusive du monde de l'entreprise dans celui de la fac. Cette "intrusion" s'accompagnerait alors d'un désengagement notable de l'Etat, déjà particulièrment désengagé. Enfin, cette loi pourrait être à l'origine, à moyen terme, d'une augmentation des frais d'inscription.
L'université ne doit pas, pour survivre, fonctionner comme une grande école payante. Un grand nombre de jeunes ne pourraient effectuer des études supérieurs, pour des raisons économiques. Il s'agit là d'une forme très efficace de discrimination sociale. Néanmoins, pourquoi ne pas repenser les liens fac/entreprise? Il ne s'agit pas de laisser l'entreprise régir l'université. Il s'agit plutôt de reconnaître qu'une majorité d'étudiants ne se destinent pas à la recherche. Assez rapidement, ils doivent se rapprocher de l'entreprise. A l'heure actuelle, ce rapprochement se fait malheureusement assez difficilement. Fréquemment dévalorisée face aux grandes écoles, l'université produit de futurs professionnels peu crédibles aux yeux des entreprises (parce qu'ils ont une meilleure connaissance du fonctionnement des écoles).
Il semble judicieux, pour augmenter les chances d'insertion professionnelle des étudiants issus de l'université, d'instaurer une forme de partenariat (et non un financement) avec les entreprises. La fac demeure parfois, à tort, trop hermétique au monde professionnel. La loi de l'université ne suit, certes, pas celle du libéralisme mais pour touver un emploi, chacun devra bien s'y frotter à ce libéralisme.
source: Libération.fr
lundi 29 octobre 2007
Etudiant africain en France: aubaine ou calvaire?
"Pour les étudiants étrangers, la France est une terre bénie. C’est une destination qui inspire le rêve et suscite toutes sortes de fantasmes. Cependant, une fois faits les premiers pas sur le sol froid de l’Hexagone, une fois passé l’émerveillement des premiers jours, c’est une toute autre réalité qui s’offre à eux. Une histoire de papiers, de droits, de travail, d’argent, parfois même d’hostilité, de racisme… mais aussi, d’enrichissement, de rencontres, d’expériences heureuses."
Une majorité des étudiants interrogés ont trouvé "l'accueil" (tout comme le climat) froid ; parfois même complètement glacial. La pesanteur des diverses et nombreuses démarches administratives à effectuer confirmait une réalité implicite: ils n'étaient pas la bienvenue. Au final, tout semble conçu pour leur rendre la vie plus difficile. Même en situation régulière, obtenir un simple job n'est pas chose facile. La législation concernant le travail des étudiants étrangers est en effet très sévère et incompréhensible: ils ne peuvent recevoir de bourses de l'enseignement supérieur mais ne peuvent pas non plus dépasser un quota d'heures de travail assez restreint. Comment sont-ils donc supposés vivre?
vendredi 19 octobre 2007
Payer un stagiaire? Jamais!
"Lorsqu'un stage en entreprise [...] excède une durée de trois mois consécutifs au sein de la même entreprise, la gratification est due au stagiaire à compter du premier jour du quatrième mois de stage", précise le texte présenté lors d'une réunion du Comité des stages, présidée par le ministre du Travail, Xavier Bertrand, et sa collègue à l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse."
Le projet de décret concernant la rémunération des stages en entreprise prévoit une "gratification" d'environ 380 euros à partir du quatrième mois de stage. On comprend alors très bien la réaction de rejet du collectif Génération Précaire. Pourquoi semble t-on nier le fait qu'un étudiant stagiaire a non seulement besoin d'apprendre mais aussi de survivre et ce dés le début de son stage?
380 euros à partir du quatrième mois cela veut dire que, pour qu'un étudiant qui ne dépend plus de ses parents fasse un stage, il doit avoir suffisamment d'épargne pour payer son loyer et se nourrir durant trois mois consécutifs. Celui qui ne disposera pas de cette épargne devra donc affronter un terrible dilemme: se passer de stage ou se passer de toit et de nourriture... Après ses trois premiers mois de stage, l'étudiant serait enfin en mesure de payer, avec sa "gratification" de 380 euros, un tiers de son loyer et 15 jours de repas. Pour le reste, il repassera. C'est déjà bien non?
Il ne s'agit pas de remettre en cause le système de stage, il s'agit, comme le souhaite le collectif Génération Précaire, de l'humaniser, de le moderniser, de le repenser. Évidemment, personne n'oserait nier le fait que "le stage est LE précieux sésame pour l'emploi", comme nos aînés nous les disent si souvent. On trouve aussi des variantes telles que "le stage, un tremplin vers l'emploi". Certes, certes. Pourtant, ces étudiants qui multiplient les stages sans jamais trouver de véritable emploi dans leur domaine sont ils tous incompétents? Doutons-en. Pour que le stage ne représente plus un sacrifice et ne provoque plus, pour beaucoup, un certain nombre d'importantes difficultés financières, il suffirait de considérer que le stagiaire est un employé en apprentissage. Le vide juridique concernant son statut n'aurait alors plus lieu d'être et il pourrait vivre, bien que moins bien payé qu'un employé classique, décemment. Il s'agit simplement d'offrir le minimum vital pour que stagiaire ne rime plus avec galère.